Lambersart sur France Inter

Samedi dernier, le 13 janvier à 13h20, Mme Élodie GUEGUEN, journaliste à Radio France, a traité de la corruption entre les partis politiques et les organismes de formation des élus locaux au cours de « l’émission Secrets d’Info ».

La ville de Lambersart, à travers les séminaires organisés par son Maire à Ostende en Belgique, a été évoquée dans cette enquête ainsi que l’organisme de Formation l’Association Nationale pour la Démocratie Locale (A.N.D.L.) affiliée selon la journaliste aux Républicains (UMP à l’époque des faits).

Photo Hôtel Thermae Ostende 1

Hôtel « Thermae Palace » à Ostende

Voici quelques extraits des propos tenus lors de cette émission  « Secrets d’Info » présentée sur « France Inter« .

Pour écouter cette émission, il suffit de suivre ce lien : https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info

La veille, le vendredi 12 janvier, « France Culture » publiait un document  retraçant l’ensemble des propos tenus.

Pour avoir accès à ce document il suffit de suivre ce lien : https://www.franceculture.fr/politique/formation-des-elus-locaux-quand-les-collectivites-locales-financent-indirectement-les-partis

« Formation des élus locaux : quand les collectivités locales financent indirectement les partis politiques »

12/01/2018

Enquête | Le PS, Les Républicains, le Modem : la plupart des partis politiques ont créé leur propre organisme de formation. Officiellement, tous ont bâti un mur très épais avec ces organismes. Dans les faits, la frontière n’est pas si étanche. Et les soupçons de dérives sont nombreux.

Il y a en France près de 600 000 élus locaux. Des conseillers municipaux, territoriaux, régionaux, qui, à l’image des salariés en entreprise, disposent d’un droit à la formation, pour parfaire leurs connaissances sur le budget, la législation en matière de logement, les réglementations européennes, etc. Chaque élu a la possibilité de demander à suivre des sessions, séminaires ou ateliers de formation. Les frais peuvent alors être pris en charge par sa collectivité locale. Donc, in fine, par le contribuable.

« Des pompes à fric »

Le marché annuel de la formation des élus est évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros par an. Une manne sur laquelle de nombreux partis cherchent à mettre la main : « Ces organismes de formation servent à apporter de l’argent frais, qui vient des collectivités, aux partis politiques, estime le militant anticorruption Éric DARQUES. Pour moi, ce sont des pompes à fric. »

L’argent des collectivités atterrit parfois dans les caisses des partis lors de manifestations comme les universités d’été ou les congrès. Des sessions de formation sont organisées en marge de ces rassemblements qui drainent des milliers d’élus et d’adhérents. Et pour la location d’un stand ou d’une salle, l’institut formateur doit payer le parti.

Rassemblement d'élus locauxRassemblement d'élus locaux. Chaque élu a la possibilité de demander à suivre des sessions, séminaires ou ateliers de formation. Crédits : JEFF PACHOUD - AFP

« Le même mécanisme a été utilisé en son temps à l’UMP.

En 2011, son institut de formation, l’Association Nationale pour la Démocratie Locale (ANDL) a participé au campus de l’UMP, ce qui lui a permis de réaliser un chiffre d’affaires de 38.250 €uros pour cette seule activité, dont près de la moitié de cet argent (18.945 €uros) a été reversée à l’UMP, au titre de « l’hébergement ».

Plainte pour détournements de fonds publics

Le lien entre les partis politiques et les instituts de formation pose un autre problème majeur. Certains élus peuvent être accusés de favoritisme.

A Lambersart, près de Lille, un groupe d’élus d’opposition et de contribuables a déposé une nouvelle plainte, en décembre 2017, pour détournement de fonds publics auprès d’un juge d’instruction, à Paris. En cause : des séminaires organisés pour les élus municipaux en 2012 et 2013. La Ville de Lambersart, qui était, à l’époque, dirigée par l’actuel sénateur LR Marc-Philippe DAUBRESSE, avait fait appel aux services de l’ANDL, l’organisme adossé à l’UMP.

Convention formation ANDLConvention entre l’ANDL et la ville de Lambersart, en 2012

L’un de ces séminaires s’est déroulé, le temps d’un week-end, dans un hôtel du bord de mer, à Ostende, en Belgique. Le programme mentionne la présence d’un intervenant, sur le thème des « grandes tendances de la vie en France entre 2012 et 2017 ». Pour ce séminaire, l’ANDL a bénéficié d’un paiement de 7.500 €uros. Le prix comprenait des « frais pédagogiques ».

Contacté, l’intervenant affirme de son côté que « toutes les prestations ont été réglées par la ville de Lambersart ». A quoi ont alors servi les 7.500 €uros payés à l’ANDL pour les « frais pédagogiques et les frais de gestion » mentionnés sur la facture ?

Bernard COFFYN, élu dans la majorité à l’époque – il est passé dans l’opposition depuis -, a assisté à ce séminaire. Il ne comprend toujours pas cette dépense de la Ville : « Quand j’ai pris connaissance de la facture, je suis passé du grenier à la cave ! Je n’avais jamais entendu parler de l’ANDL. En plus, il était mentionné une formation intitulée « Aimer sa ville et la faire aimer ». Je n’ai aucun souvenir d’une telle formation. » Et il précise : « On a assisté à un exposé sur « Les grandes tendances de la vie en France ». 7.500 €uros pour une heure-et-demie de laïus, ça fait quand même un peu cher pour la collectivité ! »

En dépit de nos multiples demandes, ni la Ville de Lambersart ni le sénateur Marc-Philippe DAUBRESSE, ni la présidente de l’ANDL, la députée Michèle TABAROT, n’ont voulu nous éclairer. Un cadre de l’ANDL nous a fait part des difficultés à obtenir des précisions sur des séminaires organisés par quelqu’un qui avait depuis quitté l’association. Dont acte. »

L’ANDL a été citée à de multiples reprises dans cette émission.

Financement de campagnes ?

Les crédits de formation servent aussi parfois à former des élus en campagne électorale. D’ailleurs, selon un rapport d’information du Sénat daté de 2012, les demandes de formation explosent à la veille des élections locales : « Sur le marché de la formation des élus locaux, on observe des cycles de demande. Les principales demandes de formation s’expriment surtout à la veille des échéances électorales (élections municipales, cantonales, régionales) et en tout début de mandat »

Cela s’est vérifié à l’ANDL. Dans une note datée de février 2013, un responsable de cet organisme adossé à l’UMP écrit : « 2013 devrait être une année favorable pour l’ANDL avec la préparation des élections municipales de 2014 et la perspective des élections régionales et cantonales. » En effet, le chiffre d’affaires de l’ANDL a doublé entre 2012 et 2013, passant de 520.000 à un million d’euros !

Si les élus locaux se forment subitement avant les élections, est-ce parce qu’il y a un dévoiement des crédits de formation pour les campagnes électorales ? « Sans doute que les gens qui suivent ces formations en ressentent le besoin d’une formation pour organiser leur programme » admet Vanik BERBERIAN, président de l’association des maires ruraux de France (AMRF) et membre du conseil national de la formation des élus locaux (CNFEL). S’agit-il de financement illégal de campagne électorale ? « Je crois que vous poussez un peu loin, répond Vanik BERBERIANVous coupez les cheveux en quatre… ».

Bonne lecture et à une prochaine fois !

2 réflexions au sujet de “Lambersart sur France Inter”

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